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Tous végétariens en 2050

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Une évolution majeure de l’alimentation au 21e siècle.

L’hyperconsommation de produits animaux ne peut être qu’un moment de l’histoire humaine pour la bonne et simple raison qu’elle n’est pas durable. La viande, le lait et les œufs ont toujours été des produits de luxe qui coûtent cher à produire et nécessitent la mobilisation d’une quantité de ressources importantes. Un agriculteur du 19è siècle serait effaré d’apprendre que l’on nourrit aujourd’hui le bétail avec des plantes à haute valeur nutritionnelle comme le blé, le maïs, le soja. Ce serait pour lui  littéralement donner de la confiture à des cochons. Donner aux animaux d’élevage des plantes dédiées normalement à l’alimentation humaine a toujours été une folie.

Cette évidence semble avoir disparu de nos esprits, nous oublions ce sur quoi repose la possibilité de ce grand festin. En effet, sans la découverte d’une part, d’immenses réserves d’énergie fossile facilement exploitables comme le pétrole et la création d’autre part,  d’engrais et de pesticides de synthèse par les chimistes du 20e siècle ; jamais ce fabuleux gaspillage n’eut été possible. Ces inventions ont permis de décupler la production de végétaux par hectare, ce qui a fait chuter les prix et rendu possible l’élevage intensif dont 60% des coûts sont liés à l’alimentation des animaux.

La viande à bas prix a donc envahi les étals des supermarchés permettant aux habitants des pays développés d’en consommer à chaque repas. Or, nous n’avons jamais été si nombreux à vouloir prendre part à ce banquet. En 2050, nous serons près de 10 milliards sur la terre.

Les conséquences de l’élevage intensif et de la surconsommation de produits animaux qui en découle sont maintenant connues: pollution des terres, de l’air et des nappes phréatiques, réchauffement climatique, intoxication de notre nourriture par les pesticides, dégradation des sols, raréfaction de l’eau, augmentation de la résistance aux antibiotiques de pathogènes, extinction d’espèces, menace virale (zoonose) et épidémie mondiale de maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires et les cancers. (1)

L’homme du 21è siècle va apprendre le prix de cette transgression et nul doute que cette leçon lui donnera à penser.

De nombreux indices tendent à montrer que l’humanité adoptera alors une alimentation végétarienne, voire végétalienne.  Ce changement profond d’habitude alimentaire ne sera pas seulement imposé par la nécessité de nous adapter à la destruction déjà avancée des écosystèmes planétaires mais sera également l’effet de la convergence de trois révolutions, à savoir une révolution technique, scientifique et philosophique. L’objet de cet article est de décrire ces trois révolutions et de voir les liens qu’elles tissent entre elles pour faire naître une sociétés sans exploitation animale.

1) Une révolution technologique

L’élevage est une technologie qui a rendu bien des services à l’humanité. Son principal atout était  de fournir des aliments riches en protéines, en graisses et en fer tout au long de l’année, ce qui permet aux habitants  des régions froides ou arides de passer la mauvaise saison sans manquer de nourriture. Un autre atout est qu’il était aussi une source de main-d’œuvre précieuse.  La force des animaux a été longtemps  utilisée pour le labour et  ils ont également  contribué à nourrir les sols ; leurs excréments étant riches en matières nutritives telles que l’azote.

capture2Aujourd’hui, nous pouvons abandonner ce mode de production grâce à des découvertes et des inventions assez récentes au regard de l’histoire de l’humanité:

– La congélation et les conserves permettent maintenant de disposer d’aliments tout au long de l’année. Inutile de désormais de saler ou de fumer  la viande, inutile également de chasser ou de transformer le lait en fromage. Nous avons accès à de nombreuses variétés de produits végétaux, quelle que soit la saison.

– Les rendements agricoles ont augmenté énormément au 20e siècle, car la biologie a définitivement compris ce qui était bon pour les plantes et les sols. À noter qu’il n’est plus nécessaire aujourd’hui de fabriquer des engrais synthétiques à partir d’énergie fossile, on peut très bien utiliser des énergies renouvelables. De plus il est tout à fait possible d’utiliser des engrais végétaux.

– Les sciences de la nutrition ont montré qu’une alimentation 100 % végétale est dans la plupart des cas compatible avec une alimentation saine et équilibrée. Les études montrent que les végétariens ne présentent pas de maladies spécifiques et qu’ils bénéficient d’une espérance de vie plus importante probablement liée au fait qu’ils sont protégés  des  maladies chroniques telles que le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, certains cancers, l’obésité et l’hypertension. (2)

– L’humanité a su sélectionner des plantes à très haute valeur nutritionnelle (protéines , graisses , glucides ) et des micro-organismes  qui permettent de fournir les nutriments essentiels.  Par exemple la vitamine B12 absente des végétaux peut être obtenue par la culture de bactéries et la vitamine D peut être extraite de lichens.

Inconvénients de l’élevage

L’élevage a un très mauvais bilan quant à la quantité d’aliments produits par hectare de terre cultivée. En gros, vous pouvez considérer qu’en fournissant 10 calories d’origine végétale à un animal, celui-ci ne vous en restituera qu’un dixième par l’intermédiaire de sa chair. Le reste aura été utilisé par l’animal pour assurer ses fonctions vitales (respiration, digestion, homéostasie du corps ) ou aura été rejeté comme déchet après le processus  de digestion.

Le même calcul est valable pour les protéines. Par exemple, un hectare de soja fournit 500 kg de protéines végétales pour à peine 50 kg de protéines animales,  si vous nourrissez  des animaux  avec l’équivalent de végétaux.

En conclusion, la disparition de l’élevage est d’abord inscrite dans les lois de la thermodynamique, ce procédé est peu rentable et subsiste encore grâce aux nombreuses subventions et au fait que les contribuables paient les coûts environnementaux. Si on passait au principe de pollueur payeur, la plupart des élevages disparaîtraient dans les pays développés.

– L’élevage est dangereux du point de vue épidémiologique. Nous savons qu’en favorisant la promiscuité entre les hommes et les animaux, de nombreux virus et bactéries ont franchit la barrière des espèces . De plus, l’utilisation d’antibiotiques pour soigner les animaux contribue à diminuer leur efficacité en médecine humaine.

L’Agriculture cellulaire va révolutionner le marché des produits animaux

la viande synthétique sera commercialement viable d’ici 10 ans affirme Jason Matheny du groupe de recherche New Harvest . Elle sera intéressante du point de vue environnemental, car elle nécessitera moins de ressources et elle sera surtout meilleure pour la santé, car la quantité et le type de graisses pourront être contrôlés en laboratoire. De plus il n’y aura aucun problème au niveau bactérien, car les capture5cultures de cellules musculaires seront effectuées dans un environnement complètement stérile.

Memphis Meat, une nouvelle startup de San Francisco  qui est  à la pointe de cette technologie affirme que  cette invention va avoir le même impact sur l’industrie de la viande que la voiture sur les producteurs de charrettes et les éleveurs de chevaux.  Leur objectif est de rendre l’élevage d’animaux « simplement impensable ».

Quand on leur fait valoir que le consommateur pourrait se détourner de ces aliments qu’ils trouveraient artificiels, ils arguent que c’est l’élevage actuel qui est complètement artificiel  en maintenant des milliers d’animaux à l’étroit dans des hangars. De plus, l’élevage est également une technique non naturelle, n’oublions pas que nous la maîtrisons depuis seulement 12 000 ans . Une paille au regard de l’histoire de l’évolution humaine.

–  Le cuir synthétique arrive également avec des entreprises telles que Modern  Meadow  qui a pour ambition de fabriquer des matériaux pour la création de vêtements qui ne nécessiterait pas la mise à mort d’animaux et qui n’auront pas le bilan environnemental catastrophique des tanneries.

Mais ce n’est pas la seule voie explorée : le cuir végétal arrive également dans les rayons de nos magasins préférés par exemple la société Ananas Anam a mis au point un processus de fabrication qui permet de fabriquer du cuir à partir de fibres d’ananas, ce nouveau matériau s’appelle le pinatex.

– Pour les produits laitiers, on sait déjà que les laits végétaux sont en train de prendre une part du marché de plus en plus grande. Le lait n’a d’ailleurs plus la cote auprès d’un nombre de plus en plus important de professionnels de la santé. Trop gras et trop protéiné dans une société qui  surconsomme ces macronutriments, remis en cause au niveau du calcium, car les sociétés  qui en consomment beaucoup telles que les pays scandinaves ne semblent pas bénéficier d’une meilleure santé osseuse,  il est aussi accusé d’être mal digéré à cause du lactose (le sucre du lait) et soupçonné de favoriser les cancers à cause de l’IGF-1, une hormone de croissance qu’il contient.

Et voilà qu’arrive le lait synthétique avec la société Muufri qui a bien l’intention de fabriquer  » le lait du futur »  avec un système d’imprimante cellulaire 3D qui fabriquera du lait à l’identique en excluant bien entendu les produits indésirables comme les résidus de médicaments vétérinaires , les résidus d’antibiotiques ou les produits organiques persistants ( DDT , PCB , Dioxine, etc.) que l’on retrouve dans l’environnement et les hormones bien entendu. Un gain pour les animaux et pour le climat, on le sait, les vaches émettent une quantité de méthane considérable lors de la rumination, ce gaz a un potentiel réchauffant 23 fois plus grand que le CO2.

Un signe qui ne trompe pas, cette société  vient de remporter la première place au concours « The Dutch Postcode Lottery Green Challenge » qui récompense  les innovations débouchant sur des avancées environnementales.  Il s’agit là du concours  le mieux doté au monde et ce n’est pas moins de 200 000 euros qu’elle a empoché. Un montant auquel il faut ajouter  la contribution d’un célèbre fonds d’investissement hongkongais.

– Des sous-produits comme le collagène et le cartilage  sont en train d’être synthétisés en  laboratoire avec  de meilleurs résultats. Plus intéressant, au Massachusetts Institute of Technology les chercheurs ont développé une version synthétique de l’insuline, une molécule utilisée pour les diabétiques qui s’active seulement quand le niveau de sucre augmente et ne provoque pas de réactions allergiques.

Les nouvelles protéines végétales débarquent

Assistons-nous à une révolution de l’alimentation aux États-Unis et en Allemagne ? C’est plus que probable! De nouvelles sociétés cherchent à fabriquer des substituts de produits animaux à base de protéines végétales. Leur objectif ? Que vous n’y voyez que du feu ! non seulement elles veulent produire une copie parfaite de la texture, du goût et de l’apparence de la viande, mais elles veulent en plus que ce soit capture-6sain pour la santé.

À ce petit jeu , Beyond Meat , une société semble avoir trouvé la formule de hamburger parfait qu’elle a appelé The beast par ce qu’il contient autant de protéines que la viande, plus d’antioxydant que les myrtilles ou les brocolis, plus de calcium que dans le lait, plus d’oméga 3 que le saumon, il est moins cher à produire , émet moins de gaz à effet de serre et contient des protéines de pois, une légumineuse qui a la particularité de nourrir les sols en azote.

Des investisseurs comme Bill Gates ne s’y sont pas trompés et ont déjà commencé à parier sur ces nouveaux produits en investissant massivement dans ces sociétés. Bill Gates raconte sur son blog que le journaliste du New York Times, Mark Bittman était à côté de lui quand il a essayé le faux poulet de Beyond meat et qu’il a été complètement bluffé.

Une autre Société a retenu l’attention de Bill Gates , la société  Hampton Creek et son produit phare: Just Mayo , une mayonnaise sans œufs et sans cholestérol qui ressemble à s’y méprendre à la mayonnaise. Les ingénieurs de ces sociétés ont été chercher dans le règne végétal des protéines qui pouvaient, une fois utilisée, donner l’aspect, la texture et le goût de la mayonnaise. Les autres produits de cette société veulent simplement rendre inutile l’élevage de poules pondeuses.

Vous l’avez compris maintenant, en utilisant des végétaux, les coûts de production sont inévitablement plus bas que les coûts de l’élevage et ici pas de produits vétérinaires , pas d’abattage , pas de hangars remplis d’animaux obligés de vivre une existence misérable, des conditions qui révoltent une grande majorité des consommateurs .

En Allemagne, une autre innovation a vu le jour.  Les ingénieurs qui ont réussi à fabriquer des substituts de viande à base de lupin ont reçu le prix de l’avenir d’une valeur de 250 000 euros des mains du président J.Gauck . L’avantage du Lupin est le même que pour les autres légumineuses, ce sont des plantes qui s’accommodent de terres peu productives qu’elles enrichissent en fixant l’azote dans le sol, leurs fèves sont très riches en protéines complètes et en fibres.

Ce pays qui compte maintenant plus de 8 millions de végétariens dont un million de véganes est à la pointe de cette révolution.   On peut trouver des magazines et même une chaîne de TV qui aborde ces sujets, une chaîne de supermarché végane est d’ailleurs en passe de s’exporter dans le monde entier et les sociétés comme Wheaty et Taïfun ne cessent de produire des substituts de viande bio et très convaincants.

2) Une révolution scientifique

Nous avons vu que de nouvelles technologies nous permettent de fabriquer des aliments sains tout au long de l’année sans avoir besoin d’animaux. Dans ce paragraphe, nous allons montrer que la question «faut-il manger des animaux ?» ne peut obtenir de réponse sans les découvertes scientifiques de ces dernières années.

capture-8 Il y deux aspects à développer, un aspect nutritionnel qui consiste à répondre à la question pouvons nous nous abstenir de viande sans développer des maladies spécifiques à ce type d’alimentation ? Deuxièmement un aspect éthique , est-il vrai que les animaux sont proches de nous au point de posséder une conscience , une individualité, en d’autres termes «l’animal est-il une personne ?» . Si la réponse est oui et qu’il est possible de se nourrir autrement, tuer un animal devient un acte lourd de sens qui devrait remettre en cause la légitimité de l’élevage.

L’alimentation

La norme aujourd’hui est de manger des animaux à presque tous les repas , mais quand on interroge les consommateurs on comprend que la base de ces comportements a pour fondement 2 croyances qui ne sont pourtant pas validées scientifiquement.

 La première est que les produits animaux sont une source essentielle de protéines, de fer, de calcium. Cette croyance est pourtant erronée , le monde végétal peut fournir tous les acides aminés, le fer et le calcium nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme, nous vous proposons ce lien vers la conférence du docteur Nespolo qui en fait la démonstration . Pour faire court, nous n’utiliserons qu’une preuve irréfutable encore peu connue dans nos pays.

 Les végétariens sont étudiés depuis les années 50 aux États-Unis, nous disposons maintenant de 5 études de grandes ampleurs qui permettent de comparer l’espérance de vie générale des végétariens et des omnivores. En 1999 le docteur Key a mené à bien une méta-analyse des résultats de ces études , cette analyse montre que les végétariens disposent d’une espérance de vie légèrement supérieure. Cela démontre que manger des animaux n’est pas une obligation, mais bien un choix lorsque l’on vit dans des pays disposant de ressourcent végétales suffisantes. (2)

Les animaux nous ressemblent

On peut exploiter des animaux avec peu d’états d’âme lorsqu’on est persuadé que les différences entre eux et nous sont telles que nous ne nous devrions pas nous inquiéter de leur sort. Souffre-t-il vraiment ? Ont-ils une conscience similaire à la nôtre ? Ces questions ne pouvaient pas obtenir de réponses sans le développement des neurosciences et de la génétique.

 Les neurosciences ont montré que la structure de notre cerveau était similaire à la structure du cerveau des autres mammifères surtout au niveau du cortex limbique , le siège des émotions. En 2012 ces découvertes ont abouti à la déclaration de Cambridge.

À l’issue d’un congrès sur le sujet, des scientifiques internationaux renommés, dont Stephen Hawking, ont signé le 7 juillet 2012 une Déclaration de conscience des animaux , dont la conclusion est que «les humains ne sont pas les seuls à posséder les substrats neurologiques qui produisent la conscience. Les animaux non humains, soit tous les mammifères, les oiseaux, et de nombreuses autres créatures, comme les poulpes, possèdent aussi ces substrats neurologiques».

 Les généticiens ont montré pour leur part que les gènes humains et les gènes des mammifères sont similaires à 95 % . Voilà pour clore le débat!

 Ces découvertes devraient déboucher à une modification des lois internationales rendant l’élevage quasi impossible dans les faits tant les nouvelles normes  deviendraient contraignantes et feraient bondir les prix des produits animaux qui deviendraient invendables puisqu’en parallèle de nouveaux substituts envahiraient le marché alimentaire.

3) Une révolution philosophique

Avec l’invention de l’élevage et de l’agriculture, les hommes vont changer de vision du monde. Avant cette époque les chasseurs-cueilleurs s’imaginaient être les enfants de la nature et considéraient les autres animaux comme des frères et la capture10terre comme la mère originelle. De plus la pratique chamanique permettait , croyait-on, de communiquer avec les esprits de la nature et des innombrables êtres qui la peuplent. De nombreux clans vénéraient les esprits animaux auxquels ils s’identifiaient et vouaient un culte.

 L’agriculture change la donne , cette technique permet à nos ancêtres de se poser en maître des animaux et de la nature. Ils comprennent les cycles de reproduction et les techniques qui leurs assurent la soumission du vivant.

 De nouveaux mythes apparaissent qui ont un point commun. Nous ne sommes pas comme les animaux , nous sommes les élus des Dieux , nous sommes à part. La Bible fournit un exemple de mythe fondateur, Adam voit défiler devant lui tous les animaux, Dieu lui donne le privilège de les nommer. Ils sont là pour lui, pour son agrément.

 Au siècle des Lumières, de nouveaux changements font de nouveau évoluer notre représentation de notre relation avec les animaux. C’est le siècle de la raison triomphante, la méthode scientifique formalisée par Descartes permet une accélération du rythme des découvertes scientifiques , la technologie bénéficie également de cet apport.

 Notre volonté de puissance n’en est que plus stimulée. Par comparaison les animaux dépourvus de raison perdent encore des points , notre estime pour eux, est au plus bas. On entend des savants défendre l’idée qu’ils sont dépourvus de consciences, ce sont des automates , ils ne souffrent pas vraiment. On libère les esclaves, mais l’exploitation des animaux s’apprête à prendre des proportions inimaginables.

 Au 19e siècle , l’économie libérale est en passe de devenir la nouvelle religion, elle triomphera à la fin du 20e siècle. Tout ce qui existe sur terre deviendra potentiellement une source de profit, au-delà du profit point de salut, la croissance de PIB devient le seul horizon de nos sociétés. Le paradis n’est plus ailleurs , il est ici dans la jouissance de l’instant, l’humanité veut construire son bonheur sur une succession de petits bonheurs, de brefs plaisirs, les «expériences» sensorielles sont plébiscitées par la publicité, l’homme devient hédoniste et la nourriture prend une place importante dans ce concert de jouissance.

 Les animaux sont embarqués dans cette folie, ils deviennent des machines à produire de la viande , du lait , des œufs. Ils sont sélectionnés et façonnés pour s’intégrer dans la chaîne de production accélérée de l’élevage industriel. Il faut pouvoir s’offrir des produits animaux à tous les repas. En 2016 , c’est plus de 70 milliards d’animaux qui sont tués chaque année pour nourrir cet appétit gargantuesque.

 Mais en silence, une nouvelle révolution philosophique est en train de prendre de l’ampleur. La découverte de Copernic nous a chassés du centre de l’univers, celle de Darwin du cœur de la création, Freud éteint nos illusions quant à la possibilité de diriger nos vies par la raison et nous rappelle les forces instinctives animales tapies dans notre inconscient. L’arrogance humaine en prend un coup.

 De leur côté, les neurosciences, l’embryologie, la génétique, les sciences humaines, les sciences de la nutrition ne cessent de nous proposer une nouvelle image de l’homme. Elles nous montrent que nous sommes les frères des animaux , qu’ils partagent notre errance sur cette planète, qu’ils vivent les mêmes expériences mentales, nous pensions être seuls à la surface de ce monde, mais nous sommes maintenant légion.

 Et nous humains, sommes-nous des prédateurs rois, maîtres de la création ?

 La biologie et la philosophie nous dressent un portrait différent ! Nous sommes des êtres hautement adaptables au niveau alimentaire, nos ancêtres australopithèques étaient plutôt granivores , frugivores et surtout ils étaient du côté des proies et non de celui des maîtres de la savane.

 Nous humains, nous appréhendons le monde à travers des fictions opérantes, il ne tient qu’à nous de choisir une fiction qui fera mourir le prédateur qui a été un des chemins possibles d’expression de nos capacités, il a été activé par la conjonction de 3 forces: la nécessité, la recherche d’une vie plus facile et la volonté de puissance de notre espèce.

 Aujourd’hui, nous devons nous libérer de ces schémas, car l’évolution nous pousse à la réalisation d’ aspirations plus profondes. Depuis d’innombrables générations, les plus grands sages ont essayé de tracer une voie vers l’invention d’un nouveau mode d’être qui permettra l’expression de nos plus hautes facultés.

 Parmi ces facultés, se tient en bonne place notre capacité à ressentir de l’empathie et celle de nous émerveiller de la beauté du monde . De nouveaux principes suivront cette maxime: « tu ne nuiras pas !» , en tout être vivant nous serons amenés à reconnaître l’expression d’un autre nous-mêmes.

 Pourquoi serons-nous poussés à cette réalisation ultime ? Parce que nous sommes devenus trop puissants , si nous ne changeons pas spirituellement , ces nouveaux pouvoirs provoqueront l’extinction de notre espèce.

Cet article provient du magazine Be Veggie , découvrez-le gratuitement

trtrtrt(1) « Alimentation, nutrition et prévention des maladies chroniques » OMS/FAO, Diet, Nutrition and the prevention of chronic diseases, 2002. « Les habitudes alimentaires ont considérablement évolué depuis le milieu du XXe siècle. Une alimentation riche en graisses et en aliments à forte densité énergétique, centrée autour de produits d’origine animale, a remplacé l’alimentation traditionnelle principalement basée sur des denrées d’origine végétale. Cela a joué un rôle clé dans l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques d’origine nutritionnelle : obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires, cancers et ostéoporose principalement. »

(2) Mortality in vegetarians and non vegetarians: detailed findings from a collaborative analysis of 5 prospective studies. 1999 Key TJ1, Fraser GE, Thorogood M, Appleby PN, Beral V, Reeves G, Burr ML, Chang-Claude J, Frentzel-Beyme R, Kuzma JW, Mann J, McPherson K.

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2 Comments

  • Ça fait longtemps que j’avais remarque que les personnes s’alimentant peu et pas riche en graisse et viande avait une espérance de vie plus longue.
    Je mangeai déjà bien moins de viande que lorsque j’étais plus jeune mais maintenant je vais faire bien plus attention à l’origine de mon alimentation
    C’est ma fille qui me fait avancer pour préserver les animaux qui ont des Droits eux aussi

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